La Tête des Faux :
 
La Tête des Faux, est classée monument historique selon le décret du 11 juin 1921.
Ce champ de bataille extraordinaire pourrait être aisément celui des superlatifs. Il fut en effet l’un des premiers en date, dès le début décembre 1914, le plus élevé (1219m) après l’Hilsenfirst, puis le plus petit en surface et le plus bref en durée, le plus limité en pertes (moins de 1000 tués), enfin le plus prodigieux sur le plan technique des installations et des fortifications.
 
 
 
LA TÊTE DES FAUX PYRAMIDE DE GUERRE :
 
La Tête des Faux domine au fond de la vallée de la Weis les 3 communes du Bonhomme, de Lapoutroie et d’Orbey.
Enjeu d’une terrible bataille qui dura 4 ans, elle fut le lieu de combat « le plus élevé, le plus petit en surface, le plus limité en pertes, le prodigieux sur le plan technique » A. Durlewanger
 
Après le choc des premiers combats de décembre 1914/janvier 1915, les adversaires vont peu à peu se ressaisir en vue d’une guerre de position comme jamais vue. Il semble en effet que des 2 côtés on s’installe « provisoirement » dans un définitif, même si Allemands et Français perçoivent cette réalité de façon diamétralement opposée.
Le Maréchal Foch disait que « l’infanterie française croyait pouvoir, par sa seule valeur, briser l’obstacle dressé devant elle !!… » C’est donc grâce à cette foi que fut conquise puis maintenue la T.D.F. Mais c’est également à partir de ce haut-fait que va se fixer l’histoire de la montagne. Les lignes allemandes et françaises seront désormais très proches l’une de l’autre – quelques dizaines de mètres à peine-, et ceci pour 4 ans.
Du côté Ouest les chasseurs alpins chevaucheront le plateau sommital, utilisant les moyens du bord tirés de l’environnement (bois, pierres, roches). Ils établiront à l’arrière un chemin muletier, des camps, cimetières et dépôts.
Du côté Est, les Allemands s’accrocheront à une pente impressionnante. Ils réaliseront une citadelle imprenable grâce aux techniques les plus modernes : béton armé, téléphérique, funiculaire, murs de défense, conduites d’eau et lignes électriques, dépôts etc.…
Ce sont là les vestiges les plus surprenants de la T.D.F.
Du côté français, même s’il subsiste quelques restes et ruines, il faut avant tout admirer le courage d’hommes qui, par leur ténacité et leur valeur, ont tenu « envers et contre tout » avec des moyens limités.
Du côté allemand nous devons reconnaître la réalisation technique, tout autant que l’ingéniosité dans la réalisation d’une forteresse hors du commun et dont il subsiste de nombreux restes et ruines. Aussi tenterons-nous de donner, d’après les vestiges actuels et en quelques pages une idée de ce qui pouvait être la T.D.F. de 1915 à 1918.
 
 
LE CÔTE ALLEMAND VU PAR LE VISITEUR A PARTIR DU REFUGE :
 
Non loin du refuge de l’Etang du Devin nous pouvons découvrir les premiers vestiges de notre attention.
 
LE CIMETIERE DESAFFECTE ET SES ALENTOURS :
 
Il fut conçu, selon l’inscription d’entrée, par le Lieutenant KAHM. De la partie « bois » il ne reste rien (chapelle, croix etc.) Seuls subsistent les vestiges de granit local : murs et murettes, escalier, porche d’entrée, monuments. Cet este, cependant, sont d’émouvants souvenirs de ces artisans soldats qui témoignent de leur peine pour leurs camarades disparus. Combien émouvant est le parcours du mur d’enceinte, des quelques pierres tombales restantes, de ces niches qui devaient contenir de petites lumières de secours (Hindenburglichter). Il nous est aisé d’imaginer ces hommes de la Landwehr, territoriaux allemands, pères de famille, paysans, artisans ou travailleurs bavarois, loin de leur « Heimat »(foyer). Le haut de la T.D.F. est pour eux un Mont Calvaire tout comme il l’est pour le jeune alpin d’en face. Mais eux ils ont du mal à comprendre à partir de l’année 1916, pourquoi en face « on »  est si tenace et ils commencent à douter d’eux-mêmes, ressentant bien du côté de la population locale un mépris grandissant. Alors toute leur sensibilité se traduit parce culte du « kamarad » tombé à leur côté. Le peu d’inscriptions restantes évoquent très bien ce sentiment.
A première vue ce cimetière, quand le visiteur passe devant, semble isolé dans la forêt… or tel n’est pas le cas ! Il suffit de fouiller un peu les alentours pour découvrir une multitude d’abris dont la raison d’être nous échappe pour l’instant. A une centaine de mètres, à l’Ouest du cimetière nous découvrons tout un chapelet d’abris que nous pouvons visiter de l’extérieur (avec un peu d’agilité, il est possible de pénétrer dans l’un ou l’autre, mais attention !) Ils sont construits dans une pente en maçonnerie et béton de technique parfaite, avec portes, fenêtres (disparues), aération etc… Il serait intéressant de déblayer quelques entrées pour se rendre compte de l’importance de ces ouvrages.
Les abors de ces abris sont truffés de tranchées et abris éboulés.
Quant à la pente se situant à l’Est du cimetière, de l’autre côté du chemin, elle constitue un cas tout aussi mystérieux, un chemin abandonné permettant d’arriver à un certain nombre d’ouvrages facilement pénétrables, l’un d’eux est coupé d’une série de chambres et de salles… Seules les déblais encombrent le sol…Murs, ouvertures sont en bon état…même les encadrements et bois des fenêtres sont quasi intact.
 
 
LES ARRIERES ALLEMANDS AUTOUR DE L’ETANG DU DEVIN :
 
Les abruptes pentes Nord/Est de la Tête des Faux encerclent une tourbière dénommée Etang du Devin, lieu éminemment légendaire…c’est autour de cet étang (zone protégée) que se situaient des arrières allemands, bien protégés…sauf des tirs courbes de gros calibres qui passaient par-dessus les sommets voisins.
En descendant du cimetière vers l’Etang du Devin, nous pouvons déceler tout le long du chemin des restes de constructions qui devaient certainement être des dépôts de tous genres comme on en voyait le long de tous les chemins et routes proches des zones de combats.
Il reste cependant un abri de grande dimension juste à côté de l’étang. Il semble qu’il s’agissait d’un hall de machines. Mais était-ce également le point de départ d’un téléphérique reliant le sommet de la T.D.F. à l’étang, avec ses abris et peut-être hôpitaux ? Curieusement nous n’avons pas trouvé des gens en ayant connaissance et pourtant il est porté sur la carte renseignée que nous possédons, était-ce un projet ou a-t-il réellement été réalisé ? dans ce cas, quel était son rôle ?
Il semble que vers le fond de l’étang, tout près de rochers il y ait des vestiges de granit destinés peut- être à soutenir des câbles. Est-ce à considérer comme argument en faveur du téléphérique ? Difficile à dire dans l’état actuel des recherches.
Entre le cimetière et l’étang, du côté droit, un chemin aujourd’hui impraticable à tout véhicule, qui devait être carrossable en 14/18 et conduisant vers les dépôts de munitions qui ont sauté après l’armistice suite à des jeux d’adolescents en mal d’aventure. En tout cas il subsiste encore quelques abris ainsi qu’un énorme éboulis provoqué par l’explosion.
Plus loin le chemin se transforme en sentier qui monte et se perd dans la falaise. Il reste à explorer près du sommet ce qui pouvait être le point de départ du téléphérique ainsi que de la voie serpentine.
 
 
LE CIMETIERE AVEC CHAPELLE ENTRETENUE :
 
En poursuivant notre périple vers Surcenord et avant d’arriver à la gare de transfert de Lapoutroie, nous passons à côté d’un second cimetière.
Tel qu’il était en 1918, tel il nous apparaît aujourd’hui, à part le petit autel devant l’escalier. Les grands sapins de 1918 ont fait place à une nouvelle plantation, mais l’entrée de granit majestueuse, tient depuis 70 ans ! Grâce au travail de l’amicale du 152ème régiment de Colmar, la chapelle a été restaurée. Autour d’elle existe encore une série de petites et très belles stèles funéraires.
Un examen plus approfondi des alentours montre que là également il y avait d’importants ouvrages. Ceux-ci n’étaient cependant pas toujours bétonnés, et il n’en reste que de ruines.
S’agissait-il d’une autre unité que celle du précédent cimetière ? Les inscriptions le démontrent. En tout cas, un peu plus loin vers le téléphérique de Lapoutroie, nous retrouvons sur la droite 2 petits abris/guérites qui laissent entrevoir que ce chemin devait être utilisé pour le ravitaillement, en complément du téléphérique.
 
 
LE TELEPHERIQUE :
 
L’arrivée de ce téléphérique se situait dans le hall de la gare de Rabenfelsen venant de Lapoutroie et passant près de Merelles pour semble-t-il aboutir à une gare de transfert située sur le chemin allant de l’Etang du Devin vers Sucenord. La gare de départ se trouvait devant l’église de Lapoutroie, elle était en béton. D’après les rares vues que nous en ayons, il semble qu’il s’agissait d’un téléphérique à pylônes à bois.
Seuls les câbles étaient métalliques.(Ils existent encore et sont utilisés à la cartonnerie de Kaysersberg). Il n’y avait pas de cabines, mais des sortes de brancards pour une personne et des bennes pour le matériel. Un premier tronçon devait donc aller jusqu’en dessous de l’Etang du Devin/Surcenord où se trouvent encore les restes d’un ouvrage comprenant des rampes de chargement, une salle de machines, (des charbons de moteurs électriques ont été retrouvés). Un second tronçon, peut-être de construction plus légère, poursuivait son chemin jusqu’à la gare de Corbeau. C’est sans doute par cette voie qu’ont été acheminés les matériaux pour la construction de la citadelle.
Mais cette ligne était doublée de chemins serpentant le long des côtes jusqu’au même terminus. Maintenant réaménagés, ils continuent leur service dans les domaines plus pacifiques, de voies de liaison forestière.
La gare de départ fut détruite après la guerre et celle du Corbeau est aujourd’hui en triste état.
 
 
LE MUR :
 
Enfin le mur, situé vers la côte de Grimaude à quelques centaines de mètres de la gare, s’élève, au milieu d’un enchevêtrement de tranchées, un énorme mur bouclier sur lequel on peut encore distinguer les traces d’un chemin e ronde. Située en contrebas d’un mamelon, cette réalisation laisse perplexe quant à son pourquoi ! S’agissait-il d’une 2ème ligne de repli et de défense téléphérique ? La conception même de l’ouvrage devrait faire l’objet d’une étude à partir des archives du génie allemand. Le mur lui-même est entouré de très nombreuses ruines d’abris, reliés par un système de tranchées. S’agissait-il finalement d’une position de mortiers lourds de 210 ?
 
 
LA ROCHE DU CORBEAU :
 
Quelques centaines de mètres plus loin nous atteignons le complexe fortifié du Rabenfelsen (Roche du Corbeau – Altitude 1145m).
Le rocher du Corbeau n’est, vu de loin, qu’une masse rocheuse parmi les autres. Mais en s’approchant, on constate qu’il a été aménagé en fort, creusé en blockhaus avec meurtrières, aération, escaliers, passages bétonnés. On peut voir où passaient les 2 souterrains le site est bordé d’ouvrages de petites dimensions qui devaient être des abris.
En contrebas du rocher nous découvrons la grande gare du Corbeau, haute de près de 10 mètres, recouverte d’un énorme bouclier de béton, elle se présente sous forme d’une vaste salle séparée de son milieu par une file de poutrelles de fer. Au fond de ce hall on voit les 2 entrées des tunnels, piétonnier et ferroviaire. Cet ouvrage était également le point d’arrivée du téléphérique venant de Lapoutroie. Une construction de ce genre, à cette altitude, dans un tel contexte d’environnement, est à notre connaissance unique en 1914/1918. On se demande comment une telle masse de béton a pu être coulée… et pourtant… !
En descendant plus bas nous arrivons à un faux plat qui remonte plus loin vers la T.D.F. Divers petits fortins reliés par de tranchées semblent prouver qu’il s’agissait là d’un point vulnérable bien en vue des observateurs français de la Tête des Immerlins. Un ouvrage plus conséquent avec des tranchées bétonnées et un petit fort est signalé.
 
 
VERS LA CITADELLE DU SOMMET :
 
Si nous tenons à explorer la T.D.F. à partir du fortin « Eisen-Schmid » il est nécessaire de s’armer de courage pour monter directement vers le sommet.
Ce qui est extraordinaire à la T.D.F. c’est la présence de multiples voies de communications vers les arrières. A une centaine de mètres en contrebas du sommet on retrouve une minuscule gare d’arrivée intitulée « Endstation Buchenkopf » (gare d’arrivée Tête des Faux). S’y trouve encore la grande roue métallique qui devait tirer des wagonnets. Il ne s’agissait sans doute pas d’un Decauville automoteur. A partir de cette station descendaient sur plus d’un kilomètre, 2 tunnels : l’un pour les piétons, l’autre pour le funiculaire. Ces 2 ouvrages étaient en fait composés de tranchées murées, recouvertes de tôles ondulées, de poutres et de mottes d’herbe.
Le sommet étroit saillant triangulaire de la forteresse réalisée ici en 4 ans par les Allemands accrochés à la contre-pente Est, évoque assez bien une sorte de citadelle à la Vauban ou un château médiéval, protégé par un triple barrage de barbelés que l’on perçoit encore très bien. Remarquable est le haut de l’ouvrage réalisé en sacs de jute remplis de sable et de ciment que la pluie et les intempéries ont pétrifiés.
En passant par une entrée, nous pouvons pénétrer à l’intérieur d’un fortin à double étage, puissamment blindé. Les meurtrières sont orientées de façon à pouvoir permettre des tirs de tous côtés. Un chemin de ronde, des embrassures vérouillables et blindées et trois entrées dont une souterraine, caractérisent ce véritable donjon.
A partir de cette fortification descendant en « y » deux imposants murs de béton avec parapets de tir, créneaux verrouillables et chemin de guet. L’un de ces murs descend vers le Gazon Quéda (Nord), l’autre vers la Roche du Corbeau (Est).  L’intérieur de ce triangle il est encore possible (surtout à la fonte de neiges) de déceler un système extraordinaire de tranchées, fortins et casemates, qui comportait même des dortoirs, cuisines, une chapelle, une infirmerie. Certaine personnes, décédées depuis, ont certifiées la présence d’eau courante et électricité, jusqu’au fort sommital, et ont fait état également d’effectifs d’occupation importants : 100-200 hommes.
Si nous voulons retourner au refuge il suffit de revenir à la gare de Roche du Corbeau et descendre le sentier direct vers l’Etang du Devin.
Si nous désirons poursuivre notre périple, nous passons à partir de la citadelle allemande au côté français.
 
 
COTE FRANÇAIS – LE SOMMET :
 
A quelques dizaine de mètres du fort sommital allemand en franchissant le Nomansland franco/allemand au sommet, nous nous trouvons face à un fortin dont l’entrée se situe du côté français et les meurtrières face au front allemand. Ce fortin bétonné devait certainement être le point d’observation côté Est, mais faisant partie de toute une tranchée avancée.
Légèrement en retrait de cet ouvrage, vers le Sud, nous trouvons d’autres fortins du même genre. L’un d’eux présente curieusement un linteau/rail avec mention de son origine : St-Etienne. Tous ces ouvrages sont abondamment pourvus de barbelés.
Au Nord-Ouest du fort sommital français et en contrebas, les chasseurs ont utilisé un amas de rochers pour ne faire un point d’observation fortifié. Malheureusement cet ouvrage s’écroule de toutes parts.
Il est évident qu’il y aurait d’autres découvertes à faire pour peu qu’une recherche systématique puisse être entreprise. Il faut signaler que par crainte d’accidents, des équipes du Génie Militaire ont comblé de nombreuses tranchées françaises, côté Nord du sommet. Il est regrettable que certaines d’entre elles n’aient pas été fouillées.
Nous constatons également que les lignes françaises enveloppent le triangle fortifié allemand, avant de descendre respectivement vers le Nord (Bois Brûlé, La Verse, Le Bonhomme) et vers le Sud (Surcenord, Pairis, Noirmont).
Entre les lignes allemandes et le front français existe aujourd’hui encore un sentier bordé de part et autre de multiples ouvrages en parties conservés, en partie effondrées.
Comme en de multiples autres endroits la technique de construction d’abris est simple : creusement d’un trou ou d’une tranchée, assemblage rarement bétonné de roche du lieu, le tout recouvert d’arbres, de tôles, de pierre et de terre. Ce genre de construction ne demandant pas de grandes connaissances architecturales et pouvait être réalisé par les chasseurs eux-mêmes durant la nuit ou les jours calmes…
Du côté Nord du sentier, nous trouvons des fondations qui à première vue semblent être celles de fermes ou de bâtiments… à moins qu’elles ne soient d’abris et de fortifications…
Dans le 1er cas, qu’étaient ces bâtiments avant 1914 ?
Dans le second as pourquoi ne sont-elles pas mentionnées sur la carte ?
Du côté Sud du sentier on trouve de nombreuses tranchées de terre. Curieusement on en trouve également en moellons bétonnés et, jusqu’à il y a quelques années, l’une d’entre elle était munie d’une cloche d’observation. Lors de notre dernière visite elle était tombée et gisait au fond d’un trou.
Quant au fort sommital français, il fait penser à un chapeau chinois, recouvert d’une dalle bétonnées avec support de rails en tranchées qui en partaient ainsi que les meurtrières devant servir à la défense en cas d’encerclement (c’est à cet endroit d’ailleurs qu’est plantée la croix de bois, visible de tous les alentours).
En face des vestiges allemands, ce qui subsiste du côté français est peu de chose. Ce qui frappe par contre est le choix du site dû aux circonstances :
  • du côté allemand, la vue ne porte guère que sur l’Alsace et les Vosges, côté N et S.
  • du côté français, par contre, surtout au sommet (1219m), le panorama est unique. C’est ainsi qu’il est possible d’embrasser d’un coup d’œil l’ensemble de toute la région.
  • Côté Nord : les Vosges jusqu’au Mont St Odile et l’Alsace jusque vers Strasbourg.
  • Côté Est : l’Alsace et la Forêt Noire
  • Côté Sud : l’Alsace jusque vers Mulhouse/Bâle, la chaîne Sud des Vosges avec en toile de fond, les Alpes.
  • Côté Ouest, les vallée de la Meurthe, les Vosges lorraines, le Donon et la trouée de Nancy.
 
Un tel observatoire donne, à lui seul, un motif valable à l’occupation de ce point. Notons également que le plateau du sommet (courbes de niveau +1200m) est à 95% aux mains des chasseurs, les Bavarois ne tenant qu’une minuscule parcelle de celui-ci.
Du fort sommital français part un sentier muletier empierré, encore reconnaissable sur des parcours assez importants et conduisant au cimetière dit « Carrefour Duschene » site qui devait servir de P.C. A quelques dizaines de mètres, en contrebas du sommet, se dresse un monument avec l’inscription : « ici sont tombés pour la France le 6.7.1916 le capitaine DEMMLER, Docteur EIPAGNE, J.François BOMDIN, J.Marie RENAUD, du 62ème Bataillon de chasseur alpins… sans doute s’agit-il de victimes d’un obus de gros calibre tombé sur un cagna se trouvant à cet endroit.
A droite et à gauche du chemin muletier nous pouvons encore deviner les restes de cantonnements et abris pour réserves en 1ère ligne.
La carte renseignée allemande fait mention d’un éventuel réservoir d’eau. Les vestiges de tranchées et de boyaux s’entrecroisent, surtout jusqu’au collet séparant la petite de la grande Tête des Faux (Felseneck).
Puis nous arrivons au carrefour Duchesne. A cet endroit se situait un camp important qui abritait les forêts. Une pierre pyramidale d’environ 1.50m portait à cet endroit l’inscription :
Ecce patet aptior
Statis via rupibus etc…(illisible)
An. MDCCCCXV.J.C.(1915)
 
A cet endroit se trouve le cimetière avec son monument dédié à « Mes frères d’armes pour la Patrie. Le 14°B.C.A.- Juin 1915 » et « au commandant J.DUCHESNES, chef de Bat.215°, mort pour la Patrie le 2.XII.14 à l’assaut de Grimaude » .Derrière ce monument se trouvent 294 tombes et un ossuaire de 116 soldats. Ce cimetière perdu au milieu des sapins comportait jusqu’en 1930 une chapelle dédiée à Ste Lucie, depuis tombée en ruines.
Ce cimetière est classé monument historique depuis le 26.05.1925.
 
Plus loin, en direction du calvaire du Lac Blanc, nous pouvons passer à Tinfonce, vaste cantonnement de chasseurs avec la «  source des chasseurs ».
Restent plusieurs petits monuments qui rappellent qui rappellent les combats, dont un à la mémoire de l’abbé TURGIS aumônier des chasseurs, monument qui a disparu lors des travaux de construction du téléski.
C’est d’ailleurs à ce calvaire du Lac Blanc, que passait un tacot « Deauville » venant de Fraize par le Col du Bonhomme en direction de la Schlucht et du Honeck.
Ce que nous pouvons encore trouver en fait de vestiges du côté français est minime, la presque totalité des ouvrages de toutes sortes ayant été construits en bois, pierres et terre. Souvent, seuls des trous comblés d’amas de pierres, témoignent encore du passé.